L’aide publique au développement (APD) est à son niveau le plus bas depuis 1950. En 1996, elle n’a représenté que 0,25% du produit intérieur brut des 21 principaux Etats donateurs qui s’étaient engagés, il y trente ans, d’y consacrer 0,7% de leurs richesses. L’engagement de l’APD dans la promotion d’initiatives locales pourrait contribuer à réduire le détournement de l’aide. Cela permettrait également de promouvoir une culture d’entreprise efficace associée au dynamisme entrepreneurial de la jeunesse européenne.

 

Face à la diminution de l’APD accordée aux pays pauvres, l’apport des capitaux privés s’est accru au cours des années nonante, souvent au bénéfice des classes les plus favorisées. La part des investissements privés s’est multipliée par quatre de 1990 à 1996 pour passer de 48,5 milliards de dollars à 234 milliards, contre une augmentation de 39,5 milliards à 65,6 milliards pour l’APD.

 

Cependant la répartition de ces apports de capitaux privés est inégale. Douze pays reçoivent près de 80% des flux privés, spécialement les pays asiatiques, à travers des prêts bancaires à court terme orientés vers des spéculations immobilières. Dans cette répartition l’Afrique est marginalisée.

 

Les pays d’Afrique sub-saharienne accusent un retard important en matière de développement financier. Or la canalisation des énergies économiques dans un système financier performant est l’une des conditions du développement des pays les moins avancés. Une abondante expertise africaine formée en Europe peut, mieux que jadis, transposer les méthodes rationnelles d’ingénierie financière dans les milieux locaux.

 

Eurafrica se propose de conscientiser les responsables de l’aide publique au développement pour que les programmes d’aide exploitent au mieux les complémentarités entre capitaux publics et privés dans les pays en développement.

 

Pour certains projets de création d’entreprise, il est concevable que l’APD prenne en charge le financement de l’actionnariat local tandis que les investisseurs privés financeraient eux-mêmes leur participation. Cette approche pourrait mobiliser les énergies locales impliquées dans le développement et conduire à une rationalisation par l’initiative privée de l’affectation des aides accordées.

 

Pour amorcer l’intérêt du capital privé, Eurafrica encourage les pouvoirs public ou régionaux européens à constituer un fond de capital-risque. Le mouvement se propose d’entreprendre des actions de sensibilisation auprès des responsables Africains pour mettre en place des alliances stratégiques avec des partenaires désireux de renforcer le secteur privé en Afrique.

 

En Afrique sub-saharienne, les autorités publiques doivent accepter le fait que la prééminence de l’Etat ne puisse plus assurer le développement économique et social durable. Dans le contexte de la mondialisation des échanges, l’essor économique sera le fait du libre jeu des initiatives privées au service de l’action collective. Les Etats doivent offrir les environnements sécuritaire, politique, juridique et institutionnels propices à l’émergence d’une classe entrepreneuriale africaine et favorable à l’attraction du capital international.

 

Eurafrica concentrera ses efforts dans l’identification des besoins en investissements, du rapprochement des intérêts particuliers et la promotion de projets interactifs impliquant Africains et Européens désireux de s’implanter en Afrique. L’établissement de partenariats sous forme de joint-venture, contrats de gestion, accords de commercialisation, octroi de licence, franchisage, sous-traitance etc. sera la constante préoccupation des promoteurs.

 

L’édification d’une nouvelle éthique du développement et l’émergence d’un capitalisme solidaire seront les lignes directrices du mouvement international.