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La crise identitaire des sociétés africaines est inhérente à la coexistence d’une conception traditionnelle fondée sur la force de la parole et d’une conception moderne établie sur l’efficacité de l’écrit. Le choc entre l’économie capitaliste et les solidarités informelles a bouleversé a bouleversé les structures sociales.

 

Malgré les difficultés, la rencontre dynamique entre des modes de productions différents produit des pratiques créatives dans les milieux ruraux et urbains. Les défis de la mondialisation qui s’appuient sur des déterminants internes hérités du passé et des déterminants externes tels que la logique des marchés permettent d’induire des logiques de production métisses.

 

L’Europe peut contribuer à la mise en place de méthodes d’harmonisation pour que les nouveaux instruments de la mondialisation soient intégrés dans les économies locales qui se réinventent au contact des nouveaux apports et se les approprient.

 

Loin de l’aggraver, la mondialisation peut contribuer à la résolution de la crise identitaire de l’Afrique en favorisant la diffusion des valeurs de ce continent. Les nouvelles techniques de l’information qui font une large part à l’oral, notamment à travers les techniques de reconnaissance vocale, peuvent permettre au principal support de diffusion de la connaissance africaine, la parole, de retrouver toute sa portée traditionnelle.

 

Il ne s’agit pas de choisir entre tradition et modernité car ces deux concepts ne sont antinomiques. La tradition et la modernité sont en perpétuel renouvellement et la modernité n’est bien souvent qu’une application bien comprise des traditions.

 

Au-delà de la tradition et de la modernité, la mondialisation se présente comme processus irréversible et multiforme où le particulier rencontre l’universel. L’Afrique peut affirmer ses valeurs propres dans une dynamique intersubjective et interactive avec le reste du monde et l’Europe en particulier, et ce processus sera mis en œuvre par une génération résolument investie dans la construction d’un monde meilleur.

 

Si les anciennes élites africaines s’appuyaient trop souvent sur les liens claniques pour renforcer leur lutte contre le colonialisme, les nouvelles générations s’appuient, à l’exemple des sociétés occidentales, sur des programmes qui transcendent les différences culturelles, ethniques ou raciales.

 

Eurafrica tentera de promouvoir un nouveau sens des responsabilités et l'affirmation d'une génération résolument orientée vers la mise en oeuvre de pratiques conformes aux exigences du développement et de la démocratie dans le respect des libertés.